Déconfinement à l'école - Réaction suite aux déclarations du ministre de l'éducation nationale

Le ministre de l’éducation jean-Michel Blanquer a annoncé hier son plan pour la reprise de l’école : échelonnement du 11 au 25 mai, 15 élèves par classe, gestion des gestes barrières, enseignants et parents d’élèves attendent d’en savoir plus pour être pleinement rassurés.

Le ministre assure que les conditions sanitaires « passent avant tout ». il faudra donc que chaque municipalité soit en mesure de fournir le matériel et le personnel nécéssaire à ces conditions. Le nombre de masques devra être suffisant pour qu’un élève puisse en changer aussi régulièrement que la situation le demandera. Et le cas échéant, on imagine tout de même bien qu’en maternelle cela sera difficile de faire respecter à nos petits les gestes barrières si peu instinctifs pour eux.

Aussi, à Melun comme ailleurs, certaines classes sont saturées à 30 élèves depuis si longtemps sans que rien ne soit organisé pour remédier à cet état de fait considéré comme acceptable par l’éducation nationale. Même à 15, la moitié donc de leur effectif, les élèves seront loin des distances de sécurité préconisées dans certaines écoles aux classes petites et aux couloirs étroits.

L’heure du repas, elle aussi devra bien être adaptée. Les cantines melunaises répondent déjà à des problématiques spécifiques : alors que l’une, saturée organise 3 services en 2 heures, beaucoup d’autres sont délocalisées et les enfants doivent s’y rendre en car.

La dépose et la récupération de nos enfants devra elle aussi être organisée et échelonnée, les familles habituellement agglutinées au portail devront prendre leur mal en patience avant de filer au travail.
Enfin, l’état et le nombre de sanitaires dans les écoles ne manquent pas d’inquiéter aussi les enseignants qui constatent depuis longtemps que lorsqu’une gastroentérite ou la grippe se déclarent, ces lieux sont des viviers à microbes et virus.
Faudra-t-il donc aussi envisager plus de personnel pour garantir la salubrité sanitaire des locaux, l’application des gestes barrière, avant de repenser impérativement après le retour à la normale à enfin rénover et adapter nos écoles ?

Evidemment, le problème de la reprise du travail en-alternance-différé-à-distance-en-classe pour les enseignants (qui sont aussi souvent des parents) comme pour tous les parents qui reprendront eux aussi le chemin du boulot sera une gestion en double casse-tête pour laquelle nous attendrons les précisions du gouvernement pour le commenter.

Jean-Michel Blanquer précise d’ors et déjà que “l’on peut imaginer que dans certains endroits le confinement soit maintenu”, cela sera dépendant dépendra du territoire, mais le sera-t-il aussi de chaque école, les densités de population variant que l’on soit en REP, REP+ ou non, comme de la capacité technique de l’établissement à permettre de faire respecter les gestes barrière.

Quelle autorité, de la municipalité ou de l’académie pour le premier degré, du Département, de la Région ou de l’académie là encore pour le second degré, sera-t-elle décisionnaire et compétente?
Ce serait idéalement aux parents, aux élèves et au personnel enseignant de décider ce qui est valable pour l’enseignement. L’organisation de RIC locaux pour décider de la reprise ou non le 11 mai serait une solution que nous porterions.

Nous attendons donc la suite, les précisions, que ces mesures difficiles, forcément kafkaïennes trouvent une traduction au niveau municipal et des détails sur les moyens dont disposera la mairie pour les mettre en œuvre. Ce sera, dans tous les cas, un exercice complexe et difficile, et l’on ne peut que souhaiter bon courage à toutes et tous, élu·e·s, personnels municipaux, directrices et directeurs d’école et surtout enseignant·e·s mais aussi parents d’élèves pour l’immense travail d’organisation qui s’annonce.
Nous sommes tou·te·s à la fois impatients que nos enfants retrouvent le chemin de l’école, mais aussi inquiets et conscients des risque que nous prendrons.

Cécile Prim

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