Nous nous sommes donc rendus à l’inauguration officielle de ce « musée numérique Micro-Folie » Melun Val-de-Seine, vendredi soir à la médiathèque L’Astrolabe. Notre première impression est pour le moins mitigée. Ce « véritable dispositif novateur », selon la ville , est supposé rendre la culture « accessible » aux Melunais·es.

Peinture numérique...

 Nous nous sommes donc rendus à l’inauguration officielle de ce « musée numérique Micro-Folie » Melun Val-de-Seine, vendredi soir à la médiathèque L’Astrolabe. Notre première impression est pour le moins mitigée. Ce « véritable dispositif novateur », selon la ville (http://www.ville-melun.fr/…/504-la-micro-folie-prend-ses-qu…), est supposé rendre la culture « accessible » aux Melunais·es. Plusieurs centaines de tableaux d’une douzaine de grands musées sont ainsi données à voir dans une micro-salle high-tech, équipée de tablettes, d’un « écran géant » et d’enceintes un peu partout. Soit, on pourra toujours dire que c’est toujours ça, mais à la réflexion, c’est discutable. Passons sur le fait que cet équipement n’est pour l’instant accessible que les mercredis et dimanches de 14h30 à 17h30, et pour des groupes à deux autres créneaux en matinée. On s’interroge sur la pertinence de ce déploiement ostentatoire de techniques à vocation « culturelle », et ce que cela révèle des politiques publiques de la culture meluno-melunaises. Gadgétisation (applis sur tablettes), fétichisme de la technique (« La résolution est impressionnante, on voit les craquelures sur les toiles ! »), infantilisation du rapport à la culture (c’est « ludique »), individualisation sous prétexte d’expérience collective (chacun·e est rivé·e à l’écran qu’il ou elle manipule, et qui le ou la manipule par l’attention qu’il requiert) : en lieu et place d’une véritable sensibilisation esthétique, un ersatz de culture numérisée dans l’obscurité, une encyclopédie en ligne comme on en regarde à la maison, le tout sans quitter la ville. Nous sommes rabat-joie ? Non ! Plutôt que d’enfermer les gens dans ces bulles numériques, nous proposons d’approfondir un « véritable dispositif novateur », un de ceux qui changent le regard, nous grandissent dans la considération des œuvres (et pas seulement les « chefs-d’œuvre » vus et revus), qui nous sortent et nous émancipent : une visite de ces musées « en présentiel » ! On en reparlera, restez « connecté·e·s » ! 

Arnaud, pour BVAM

 

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