Réunion autour de l'alimentation et de l'agriculture
Ferme de Montaigu, Melun
Vente de produits bio en circuits courts

L’alimentation et l’agriculture seront au menu des listes citoyennes et écologistes au municipales, à commencer par BVAM. Retour sur une conférence publique riche d’enseignements, et mise en perspective avec notre programme.

Mercredi 5 février, salle communale de Gurcy-le-Chatel dans le Montois. Marc Dufumier, professeur d’agronomie et défenseur de l’agro-écologie tient une conférence publique sur la possibilité d’une agriculture sans pesticides. En pleine région céréalière intensive, la salle est pleine, de citoyens concernés par l’alimentation mais aussi d’agriculteurs venus écouter un autre discours et faire valoir leur position.

L’engagement pour les municipales est abordé, et nous repartons conforté dans le programme que nous défendons.
La conférence est disponible en ligne, comme de nombreuses interventions de Marc Dufumier et nous nous en tiendrons à l’essentiel. Le portrait technico-économique que dresse l’agronome de la production agricole mondiale laisse pantois: la course aux rendements se fait sur le dos des populations paysannes, accompagné d’une destruction de l’environnement, qui va de la pollution diffuse et généralisée des sols, de l’eau et de l’air jusqu’à des effets massifs sur certains écosystèmes. Par exemple, l’élevage intensif de porc en Bretagne repose sur la fourniture de galettes de soja brésiliennes, qui ont nécessité de la déforestation (bonjour l’Amazonie), des engrais fabriqués à partir du méthane (bonjour le réchauffement climatique) et à la fin, la perturbation du cycle de l’azote eutrophise les cours d’eau du littoral breton (bonjour les algues vertes). Au passage: au revoir la petite paysannerie de Bretagne et d’Amérique du Sud.

L’agronome enchaîne les anecdotes, et le constat d’une agriculture qui marche sur la tête s’impose. Quid des perspectives? D’un point de vue technique, il est très optimiste: la transition vers une agriculture respectueuse de l’environnement ET productive est possible, bien qu’elle sera très technique et difficile. Pas d’angélisme donc, ni de retour en arrière: l’agro-écologie demandera du travail, de la technique et de véritables transitions professionnelles. Le principal verrou est économique et culturel: cette agriculture là sera moins productive (hormis le cas de la permaculture, mais qui ne répond pas à tous les enjeux), ce qui demandera d’une part un soutien politique et économique, et d’autre part un changement dans l’alimentation (moins de viande), pour être accessible à tous.

BVAM ne s’invitera pas à la table des Melunais, et ne pourra pas changer la politique agricole commune de l’union européenne ! Mais la création d’emplois, la gestion de la restauration scolaire, l’aménagement de notre territoire peuvent être fédérés au sein d’un projet d’agriculture et d’alimentation, qui feront de Melun un acteur de la transition agro-écologique:

  • BVAM créera des emplois et ménagera notre territoire grâce à la mise en oeuvre d’un projet d’agriculture et d’alimentation qui fera de Melun un acteur central de la transition agro-écologique
  • des cantines scolaires en régie publique, qui feront leur part sur l’éducation au goût et proposeront des plats 100% bio à coût constant (et une fois par semaine un plat principal végétarien et chaque jour comme plat alternatif aux repas carnés).
  • une production maraîchère locale et biologique, qui sanctuarisera les terres agricoles, alimentera la restauration collective, et fera revivre le patrimoine Melunais (ferme de Montaigu).
  • la promotion et le soutien des initiatives citoyennes sur la transition agro-écologique (Terres de Liens, associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP), mouvement des Coquelicots, groupement d’achat éthique locaux)
  • la mise en place de zones dédiées au bio sur les marchés de la ville, pour davantage de visibilité à la production bio et locale et faire émerger une offre complète et cohérente

La majorité actuelle, qui a délaissé totalement l’agriculture et l’alimentation de ses projets (en refilant les cantines scolaires à une multinationale par ailleurs cliente du cabinet d’avocat d’affaires du maire actuel sous prétexte que « ce n’est pas un projet pour la ville ») va à l’encontre du sens de l’histoire. Combs-la-ville vient d’accueillir une légumerie biologique dédié à la transformation des légumes pour la restauration collective, Moissy-Cramayel crée une ferme urbaine, la ville de Paris va expérimenter des paiements pour services environnementaux avec les agriculteurs pour protéger des ressources en eau, etc. Soyons à la hauteur des enjeux. Face à la vague de béton que promet Louis Vogel sans aucune considération sur les campagnes qui nous entourent, misons sur la transition agro-écologique pour la santé de nos enfants, la mise en valeur de nos paysages ruraux et l’activité économique de notre territoire.

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