Le sinistre bal masqués des élu·e·s melunais, et pas que ...

Quel piteux spectacle que ces élu·e·s qui posent les uns après les autres à côté de cartons de masques qu’en coulisse ils s’arrachent. Parce que l’envers du décor n’est pas beau à voir : il commence avec le régime sec imposé au système de santé par le gouvernement, il se poursuit avec la destruction de notre tissu productif qui fait qu’on n’est incapable de produire le nombre de masques nécessaire, il continue avec la concurrence capitaliste et des masques vendus sur les marchés aux plus offrants (parce que le capitalisme se contrefout des gens qui meurent).
Dans ce contexte, quelques président·e·s de Région et de département déjà en campagne et des candidat·e·s aux municipales se crêpent le chignon en coulisse pour pouvoir jouer les grands seigneurs avec notre argent en régalant des masques à leurs clientèles quand tous les travailleurs et travailleuses exposés au quotidien depuis 5 semaines n’en n’ont pas encore.
 
En plus, ils nous les auront fait payer deux fois ces masques : 1. parce qu’on paie la santé publique mais que l’Etat a filé l’argent aux grandes entreprises (en 10 ans l’Etat a pris 8 milliards d’€ à l’hôpital) 2. parce que ni les président·e·s de Région, de département, maire ou que sais-je, n’achètent les masques sur leur cassette personnelle (pas encore !) mais sur le budget de la collectivité.
Alors bien sûr, comme conseillère régionale, j’ai voté avec mon groupe l’achat des masques par la Région Île de France pour pallier en urgence aux carences de l’Etat. Mais le confinement aurait dû permettre à l’Etat de s’organiser autrement. Le gouvernement aurait dû mettre cette phase à profit pour ré-organiser la production dans notre pays et répondre à la pénurie. Sauf que les néolibéraux qui nous gouvernent préfèrent ne pas intervenir dans le « business as usual » même quand il s’agit de vie ou de mort. Et où étaient nos élus locaux qui se font photographier aujourd’hui pour réclamer qu’ils le fassent ?
 
J’ai voté l’achat des masques parce qu’il fallait répondre à l’urgence mais je dénonce la manière dont Pécresse organise ses distributions, toujours au plus près de ses amis (et Batail comme Vogel compte parmi ses amis) sans considération réelle pour les besoins des populations franciliennes et des travailleurs les plus exposés. Et je dénonce la manière dont ces maires complices de la situation où nous sommes se font mousser avec des masques achetés avec notre argent et dont ils s’arrogent le droit de choisir à qui ils les donnent ou pas.
 
Pour finir, je suis scandalisée par le fait qu’on puisse faire de ça un argument électoral. Quand on n’a jamais rien dit sur la faillite de l’hôpital public, qu’on a plébiscité les politiques de rigueur et applaudi devant le matraquage des personnels de santé qui manifestaient, la moindre des choses serait de faire profil bas, même masqué.
 
Cette sinistre comédie n’a que trop duré. Tout le monde doit avoir un masque le 11 mai et c’est à ça que nous devons collectivement nous atteler. 
 
BM

Laisser un commentaire

Fermer le menu