La grève et les difficultés de transport qu’elle occasionne ravive le débat sur nos conditions de transport au départ de #Melun. Pour autant, nous devons nous méfier des discours à l’emporte pièce qui condamnent les cheminots quand ils se battent et nous alertent depuis des années sur les choix désastreux des autorités régionale et nationale et le sous-investissement chronique dans l’entretien et l’amélioration du réseau. Aucun service public ne peut fonctionner si les choix politiques faits détériorent les conditions et l’outil de travail de ses agents.
Près de 50 000 personnes empruntent ou transitent chaque jour en train ou en RER gare Melun. Et pourtant, la gare n’est toujours pas accessible aux personnes en situation de handicap et nous voyageons aux heures de pointe dans des trains bondés et sans toilettes ! Les retards et les annulations sont fréquents. Si les rames sont neuves, les infrastructures sont vétustes et les cheminots nous alertent régulièrement sur les risques que l’état déplorable du réseau ferré fait peser sur les usagers et les agents. Et pendant ce temps là, le maire actuel de Melun nous endort en demandant des études (encore des études) main dans la main avec ceux qui sont responsables de cette situation.
Si nous gagnons Melun nous demanderons des comptes à la Région Île de France qui n’investit pas dans la rénovation du réseau et son accessibilité, et au Département de Seine-et-Marne qui ne consent pas les efforts nécessaires à l’amélioration de nos conditions de transport. Avec Bien Vivre à Melun, notre ville se battra au côté des usagers et des agents pour améliorer nos conditions de transport et exiger l’accessibilité de la gare de Melun.
Comment en est-on arrivé là ?
En 2004, l’Etat décide de décentraliser la gestion des transports publics aux Régions. Le STIF (syndicat des transports d’Île de France) rebaptisé Île de France mobilité est créé en 2005. Pour l’Île de France ce sont 600 millions d’euros par an de dépenses nouvelles qui ne seront jamais compensées par l’Etat. Quand les écologistes arrivent à la tête du STIF avec Pierre SERNE en 2010, ils demandent un audit indépendant. L’état du réseau est calamiteux. Les infrastructures sont vétustes et certaines datent même d’avant la deuxième guerre mondiale. Il faudrait des milliards pour remettre le réseau en état. 172 nouvelles rames sont commandées immédiatement puis 100 nouvelles rames par an, ce qui correspond aux capacités de production du marché, et des travaux de rénovation sont lancés. Rénover tout en assurant la continuité du service est un casse tête. Dans le même temps, les écologistes ont promis le passe Navigo à tarif unique. Une Île de France soutenable suppose des transports en commun efficaces et accessibles. Cette mesure répond à la fois aux enjeux sociaux et écologiques. En mars 2014, le passe Navigo a tarif unique est adopté et financé pour partie par une augmentation du versement transport des entreprises et pour l’autre par la Région. La droite régionale, dont Valérie Pécresse est la cheffe de fil, vote contre. À la rentrée 2015, toutes et tous les francilien·e·s paient enfin leur passe Navigo 70 €. Pour des millions de francilien·e·s c’est un énorme soulagement. En décembre 2015, Valérie Pécresse remporte les élections régionales. Retour à la case départ ou quasi. Le prix du passe Navigo a tarif unique est immédiatement augmenté et passe de 70€ à un peu plus de 75€. Les efforts d’investissements engagés dans la rénovation des infrastructures sont stoppés et la nouvelle présidente de Région concentre l’argent sur le matériel roulant et sur des projets contestables comme le CDG express qui capte les ressources au bénéfice des voyageurs qui se rendent à l’aéroport et au détriment des transports du quotidien. Et même là, les cheminots nous disent que ces trains sont de mauvaise qualité et ils n’ont pas de toilettes ! Mme Pécresse ne lance aucun des travaux de rénovation nécessaires des rails et des aiguillages et les trains neufs fonctionneront sur un réseau vétuste. Elle renonce à la mise en accessibilité de toutes les gares franciliennes pour les personnes en situation de handicap. Il faut ajouter à ce panorama que les départements sont co-financeurs du budget du STIF à hauteur de 20% de la part qui revient aux collectivités et que la Seine-et-Marne compte parmi les plus mauvais financeurs. Les responsables sont là dans ces majorités régionales et départementales qui se servent de l’argent public pour financer des investissements inutiles au plus grand nombre mais juteux pour le capital et qui cachent la misère d’un réseau aux abois. Ce qui ne les a jamais empêché de « crier avec les loups ». L’hypocrisie est un vice à la mode ne l’oublions pas.

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