COVID-19 : Reconstituer l'emploi qui sera détruit pas la crise, une urgence sociale pour la politique également local

En lisant tous ces articles sur la crise de l’aéronautique, je m’inquiète des choix de l’exécutif communautaire qui a porté l’essentiel de l’effort de développement économique de la communauté d’agglomération Camvs sur ce secteur …
c’est pourtant pas faute de l’avoir dit

Mais j’étais l’IDÉALISTE et eux les RÉALISTES, les seuls qui savaient comment garantir notre avenir. Il y a des démentis cinglants parfois !
Il n’y a d’ailleurs pas de quoi se réjouir parce que les choix qu’ils ont fait vont avoir des conséquences directes sur notre territoire et pour des centaines de personnes qui y travaillent.
 
Jusqu’à récemment encore les industriels du secteur imaginaient un doublement du trafic aérien d’ici à 2037-2038 et, par conséquent, des prévisions de croissance tout aussi importantes.
Or l’essentiel de cette croissance du trafic aérien était lié au tourisme de masse. La crise actuelle est d’une nature telle que les professionnels du tourisme ont de bonnes raisons de penser qu’elle remettra durablement en cause ce modèle. Les avis convergent pour dire que le transport aérien ne retrouvera probablement jamais son niveau d’avant la crise.
 
Dans ce contexte, Louis Vogel a cru au développement continu de Safran au point d’en faire un enjeu essentiel de la politique de développement économique de notre agglomération. Safran est ce qu’on appelle un « systémier » de l’aeronautique. C’est-à-dire qu’il se situe entre le constructeur – qui en pratique ne construit plus grand chose ex. Airbus le géant européen – et les sous-traitants.
Comment Safran va-t-il gérer cette crise de l’aéronautique civile ? Une des solutions, la plus vraisemblable, consistera à vendre ailleurs ses compétences et donc délocaliser une partie de sa production avec les conséquences qu’on imagine sur l’emploi.
 
Dans une note, des membres de l’association Attac et de la fondation Copernic écrivent à propos de la filière aéronautique : « on peut déjà affirmer, sans risque de se tromper, que les pertes d’emplois directs et indirects vont se compter par dizaines de milliers dans les mois et les années qui viennent. »
Peut-on tenir rigueur à Louis Vogel de ce mauvais choix ? En partie oui, parce que le rôle d’un politique c’est justement d’anticiper sur les difficultés qui sont déjà en germe et dont on peut prévoir qu’elles vont advenir. Et la crise écologique profonde où nous sommes plongés est de cette nature. C’est la raison pour laquelle, je suis plusieurs fois intervenue au conseil communautaire pour lui rappeler qu’elle rendait son investissement dans le développement aéronautique hasardeux.
 
Si je ne pouvais pas prévoir la pandémie à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés, bien qu’elle soit aussi une conséquence directe de la crise écologique, il était évident pour moi que le réchauffement climatique et la raréfaction des ressources vitales allaient amplifier l’instabilité géopolitique du monde, multiplier les mouvements de protestation contre la pollution aérienne et nous imposer des objectifs de diminution de nos émissions de CO2 bien plus ambitieux. J’imaginais ces difficultés à moyen terme.
Et bien nous y sommes déjà !
 
Ce qui signifie qu’il y a urgence, une urgence vitale à prendre les décisions qui permettront de reconstituer un volume d’emplois qui répondra à la demande qu’on peut déjà anticiper. Il faut orienter notre développement économique vers les filières résilientes et notre territoire compte de ce point de vue de précieuses ressources (agriculture, écotourisme, économie du fleuve, etc.)
 
Il y a urgence pour notre territoire et pour toutes les travailleuses et les travailleurs dont l’emploi en dépend.
 
Mais il serait totalement vain de penser que celles et ceux qui ont été sourds et aveugles face aux nombreux signes que j’évoquais verront plus clair demain.

BM

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